Blague + Conscience (n°18)

BLAGUE.
– Docteur, j’ai un problème gastrique : mon estomac ne transforme pas les aliments. Quand je mange du pain, je chie du pain. Quand je mange des carottes, je chie des carottes. Quand je mange du  poulet, je chie du poulet. Que dois-je faire ?
– Ne vous préoccupez pas. Mangez de la merde.

CONSCIENCE.

Ce docteur se préoccupe d’obtenir un résultat en apparence sain sans se préoccuper des destructions que peut causer sa méthode. La majorité des médecines médicamenteuses guérissent les symptômes mais provoquent des effets secondaires nuisibles qui exigent d’avaler de nouvelles pilules pour y mettre un terme. Les nouvelles pilules produisent d’autres effets secondaires et ainsi de suite, comme une histoire sans fin. J’ai connu un homme qui s’est marié avec une femme dominatrice, il a divorcé et ensuite s’est remarié avec une femme dominatrice, et ainsi de suite, jusqu’à ce que cette dernière l’assassine. Il n’a jamais osé entamer une confrontation avec sa mère dominatrice pour résoudre ses traumatismes infantiles… Il y a une autre manière d’interpréter cette blague : nous nous transformons en ce que nous mangeons. Les végétariens tendent au pacifisme, les carnivores peuvent arriver à la violence. Au Tibet les disciples mangeaient le cerveau et le cœur de leur enseignant mort pour l’incorporer à leurs âmes. Mais l’estomac et les poumons ne sont pas les seuls organes qui assimilent les aliments : l’esprit se nourrit de sentiments et d’idées. Si tu te remplis de sentiments négatifs, zèles, envies, rancœurs, possessivité, tu rempliras le monde d’effluves émotionnelles pestilentielles, de compétences cruelles, de loisirs mortels, de guerres. La même chose avec les idées : si tu te répètes sans cesse « Rien n’est important » en croyant que ce qui est sublime est une utopie odieuse, avec tes basses vibrations mentales tu contribues à la destruction ta société et de ta planète… Nous sommes entièrement unis les uns aux  autres : si nous injectons dans notre sang des substances nuisibles, nous raccourcissons non seulement notre vie mais par celle de nos semblables. « Quand tu t’autodétruis, tu détruis une partie de moi. Quand tu t’autodétruis tu es un fragment de la planète qui se détruit. Quand tu t’autodétruis tu prives les plantes de ton haleine ; et à ta mort, en empoisonnant le sol, tu fais souffrir le minéral ». Notre vie n’est pas un trésor individuel, il appartient à la richesse de la race humaine. Notre tâche sacrée est de découvrir et de développer le sublime qui se niche dans notre corps, notre âme et notre esprit. Si je me nourris de beauté je participe à la transformation du monde en un Éden.

Alejandro Jodorowsky

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