Guérir avec la psychomagie IIII

Pourriez-vous décrire la psychomagie en des termes que tous pourraient comprendre ?

Dans les termes d’Alejandro Jodorowsky, « de façon vulgaire, un acte psychomagique c’est comme donner un coup de pied affectueux dans le cul de la réalité. Cet élan que tu lui donnes, surprenant, la fait sortir de l’inertie et elle se met alors à danser. »

Pardonnez-moi de me répéter, mais : d’où vient cette « obsession » pour l’action, n’est-il pas suffisant de comprendre un problème au niveau intellectuel ?

« À quoi cela sert-il d’avoir du talent, si celui qui le possède ne chante pas, n’écrit pas ou ne peint pas ? À quoi cela sert-il de parler d’amour aux enfants si nous les éduquons mal ? À quoi cela sert-il de penser, si nos pensées restent comme lettres mortes ? C’est pour cette raison qu’une fois que nous avons compris, notre compréhension est inutile si nous n’agissons pas. » (Alejandro Jodorowsky)

Pourquoi est-ilt utile de connaître son arbre généalogique avant de pouvoir effectuer un acte psychomagique  ?

Notre arbre généalogique modèle ses fruits pour les rendre utiles à son but, et pour qu’ils accomplissent aveuglément la loi de la répétition. S’il lui manque un membre, on va imposer l’identité du disparu à celui qui naît. Si naissent deux au lieu d’un, on distribue les rôles disponibles entre les deux nouveaux fruits. Et c’est ainsi, que les désirs, les pulsions, les buts propres de chaque être sont interdits, sans pour autant disparaitre, mais ils sont transformés, sublimés ou sont réprimés. Beaucoup de maladies, de symptômes psychiatriques et de conflits psychologiques proviennent de toute cette folie.

Je suppose que c’est ici que la psychomagie entre en action.

La psychomagie essaye de faire sortir ces désirs réprimés de manière métaphorique, au moyen d’un acte dans lequel on décharge la pulsion par une mise en scène et avec des éléments significatifs pour le sujet qui souffre. Après avoir effectué ce qui est interdit d’une manière admise par la raison, les symptômes disparaissent, en produisant une libération qui amène directement à la guérison .

Si vous me dites que la psychomagie est un accélérateur de guérison, toute expérience est positive ? Que ressent-on après avoir effectué un acte psychomagique  ?

Il ne faut pas s’étonner que  la première sensation ressentie est la faiblesse, comme à la suite d’une opération chirurgicale. « Le système » doit déjà retrouver une stabilité, sans le conflit. Un acte psychomagique change le regard envers nous-mêmes et envers la réalité. Notre changement est aussi perçu par les personnes qui nous entourent, ce qui peut porter à des réajustements dans les relations. Mais tout est pour le bien.

J’ai entendu dire qu’il n’y a pas de recettes  psychomagiques, ni de super-marché de la psychomagie, mais certains éléments sont répétés dans beaucoup d’actes,  pourriez-vous en nommer certains ?

Que les objets ont du pouvoir, que dans le sang est notre essence, que le miel est doux, que le ciel symbolise le père, que le lait est le premier aliment maternel, que l’urine marque le territoire, qu’une charge pèse… tout cela et plus, ce sont des savoirs qui font partie de notre inconscient et c’est avec ce matériel que va travailler le psychomagicien pour concevoir ses actes.

Pouvez-vous nous donner un premier exemple avec certains de ces mots : sang, enterrer, vêtements, fleur et miel ?

– Signer avec sang

Une goutte de notre sang sur une feuille où nous avons écrit une phrase, se transforme en contrat. Si je suis fatigué d’accumuler des échecs dans ma vie, sur une feuille de parchemin j’écrirai : « je suis un raté » et je le signerai avec une goutte de mon sang. Les étiquettes qu’on se met nous sont léguées par la famille, le couple et aussi par nous-mêmes. Nous avons des façons infinies d’être et nous pouvons nous transformer.

– Enterrer

Je peux me défaire de ce contrat précédent, ou de tout autre qui me pèse, en l’enterrant. La terre agit comme un transformateur puissant. Il est nécessaire de savoir que je peux enterrer différentes choses…

– Enterrer des vêtements

Au cas où on voudrait sortir d’une enfance persistante dans laquelle nous a laissé une mère très possessive qui aurait fait un couple avec moi (nœud incestueux). On entreprendrait d’abord une confrontation devant sa tombe, habillés avec une chemisette et un pantalon d’enfant qu’elle nous aurait donné, avec un contrat collé au vêtement qui dirait que je ne grandirais jamais, ni non plus ne l’abandonnerait. (Cela peut aussi fonctionner avec une photographie, un objet intime, une tombe et c’est comme si nous le faisions avec la personne réelle) Finalement on enlèverait tout ces vêtements et on les enterrerait le plus près possible du lieu où elle est enterrée et on s’habillerait avec de nouveaux vêtements.

– Planter une fleur

Je ne dois pas oublier qu’il s’avère nécessaire après d’avoir enterré, de planter quelque chose de beau dans ce lieu, par exemple une fleur… De cette façon, nous disons à notre inconscient que quelque chose de nouveau peut apparaître.

– Miel

Pour adoucir la dernière partie, pour que l’acte ne soit pas qu’agressif, nous pouvons écrire sur la tombe des mots avec du miel : « paix, amour, amitié »

D’autres exemples ?

– L’argile verte

Elle représente la partie féminine de l’arbre, la mère, une grand-mère… si nous voulons guérir un papillome causé par manque de des caresses maternelles, nous pouvons mélanger de la salive de poitrine (?) avec de argile verte et l’appliquer sur le papillome jusqu’à ce qu’il guérisse.

– Sang menstruel

Il représente la réaffirmation de ce qui est féminin. Par exemple, une femme est affectée parce qu’elle est consciente que son père, mort, a coupé sa relation avec elle après ses premières règles. Jodorowsky l’invite à aller sur sa tombe et le plus près possible du cadavre, d’enterrer un coton trempé dans son sang menstruel et un pot de miel.

– Les pièces d’or

Elles représentent la valeur et le pouvoir (être capable). Une femme se sous-estime, mais doit aller à un entretien important de sélection de personnel (ou à un examen crucial, à comparaître dans un jugement, etc.). Il est adéquat qu’elle introduise sept pièce dans un préservatif et qu’elle aura logé dans son vagin pendant toute la durée de l’événement.

GUÉRIR AVEC LA PSYCHOMAGIE V

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3 réflexions sur “Guérir avec la psychomagie IIII

  1. Quand je lis pour des actes de psychomagie, acheter une poule noire, la frapper avec une batte de base-ball jusqu’à ce qu’elle expire ou acheter 12 oiseaux et douze souris , les serrer chacun dans une main jusqu’à leur briser les os, nous sommes très loin du spirituel et au plus proche de la cruauté…Quelle guérison espérer de cette noirceur ??? Pour moi, j’ai refermé le livre à ce passage pour ne plus jamais l’ouvrir…

  2. Il peut être nécessaire de manifester le pouvoir de destruction, de mort… par un acte de violence. Par exemple pour un homme confronté à un climat ‘mortifère’ latent mais bien réel (pour la matérialiser enfin afin de pouvoir dépasser). Jodo l’avait proposer à un homme en phase terminale, rongé part son impuissance à agir

    Un autre moment ou une mise à mort animale peut être nécessaire est le passage à l’âge d’homme (« Part dans la montagne, survit par toi même et reviens nous mon fils »)

    Pour conclure, je dirai que la mort et le sang ne sont pas noirceur. Le refus de la mort et du sang sont noirceurs.

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