
Alejandro Jodorowsky : Quand nous pensons être perdus, cela signifie que les limites de notre ego artificiel, créé par la famille, la société et la culture, nous ont transformé en une sorte de Robinson Crusoë d’une île mentale. Nous vivons identifiés à l’illusion que nous appelons notre individualité… L’Être Essentiel n’est pas un objet précieux, un trésor étranger, un « oscar » qu’un jour nous pourrons gagner : il est ce qu’en réalité nous sommes ! Sans nous en rendre compte, à chaque instant, endormis ou éveillés, il est en contact avec ce que nous croyons être. Seulement, envahis par nos idées folles, nos sentiments régressifs, nos désirs déséquilibrés et nos nécessités absurdes, nous ne captons pas sa présence. Nous sommes comme une goutte d’eau de mer qui se sent perdue au milieu de l’océan. Toutes les tentatives d’entrer en contact avec « notre » Être Essentiel sont condamnées à l’échec. Ce qui est impensable ne nous appartient pas, l’impensable ne se comporte pas comme un chien. Nous lui appartenons. Si nous voulons vivre en vérité, nous abandonnerons l’action et nous nous submergerons dans la réception. Nous arrêterons de nous observer : « Je ne suis pas cette idée » « Je ne suis pas ce sentiment » « Je ne suis pas ce désir » « Je ne suis pas cette nécessité » « Ceci n’est pas moi » « Ceci n’est pas moi » « Ceci n’est pas moi»… ET ainsi, de négation en négation, nous finirons par nous livrer à la grande affirmation. « La chasse est interdite, la pêche est permise ». Quand l’ego reconnaît humblement ne rien être du tout, ne rien savoir, ne rien pouvoir, l’Être Essentiel lui répond « Je suis tout, je sais tout, je peux tout. Je suis toi, mais tu n’est pas toi ».
Réponse d’Alejandro Jodorowsky à Plano Creativo


N’est-il pas merveilleux ce Jodo ! Alejandro…. MERCI et ce sera toujours la meme chose qui sortira de mon Coeur simplement …. MERCI !